Inspecteur en bâtiment certifié examinant la façade d'un duplex montréalais
Publié le 10 février 2026
J’ai reçu l’appel la semaine dernière. Voix tremblante. Un couple de Rosemont, trois mois après leur achat. L’eau s’infiltrait au sous-sol. Le vendeur ne répondait plus. Estimation des travaux : 28 000 $. Ce scénario, je le vois trop souvent dans ma pratique d’inspecteur à Montréal.

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou financier. Consultez un notaire ou un avocat spécialisé en droit immobilier pour toute décision engageante.

L’essentiel sur l’inspection préachat en 30 secondes
  • Une inspection coûte entre 670 $ et 850 $ — les réparations de fondation dépassent souvent 30 000 $
  • Vous disposez de 3 ans après la découverte d’un vice caché pour poursuivre le vendeur
  • Le rapport détaillé vous donne un levier de négociation concret avant de signer

Ce que vous risquez vraiment sans inspection préachat

Soyons francs. Dans ma pratique, je constate trop souvent des acheteurs qui renoncent à l’inspection préachat pour battre la concurrence. Marché serré, offres multiples — ils se disent que la propriété a l’air correcte. Erreur coûteuse. Certains découvrent après signature des problèmes de fondation ou de toiture nécessitant 15 000 à 40 000 $ de travaux. Ce constat est limité au marché montréalais et peut varier selon l’âge du bâtiment.

Renoncer à l’inspection : le pari risqué

Sans inspection, vous pourriez vous retrouver responsable de défauts qui auraient été visibles pour un acheteur prudent. Selon l’article 1726 du Code civil, le vendeur garantit l’absence de vices cachés — mais si le problème était détectable lors d’un examen attentif, votre recours s’affaiblit considérablement.

Je pense à ce dossier traité l’an dernier dans Hochelaga. Une maison des années 1950. Jolie en apparence. Le couple avait renoncé à l’inspection parce que le vendeur refusait cette condition. Six mois plus tard : fissures structurelles au sous-sol. Les coûts de réparation des fondations dans ces cas tournent autour de 30 000 $ à 50 000 $ pour des travaux majeurs.

Fissure dans une fondation de béton d'un sous-sol montréalais nécessitant inspection
Fissure structurelle dans un sous-sol du Plateau

Les fissures mineures, elles, coûtent entre 300 $ et 1 500 $ par fissure. Une fraction du prix. Mais il faut les voir avant d’acheter.

Comment une inspection vous donne un avantage de négociation

Voici ce que beaucoup d’acheteurs ignorent : le rapport d’inspection n’est pas qu’une liste de problèmes. C’est un outil de négociation. Concrètement. J’ai accompagné des dizaines de clients qui ont obtenu des réductions allant de 5 000 $ à 15 000 $ sur le prix d’achat grâce aux constats documentés. Si vous cherchez une inspection de préachat à Montréal, assurez-vous que votre inspecteur documente précisément les éléments problématiques avec photos datées.

Inspecteur utilisant caméra thermique pour détecter humidité lors inspection préachat
Détection d’infiltrations invisibles à l’œil nu

L’inspection dure environ 2 à 3 heures selon la taille de la propriété. Le rapport détaillé avec photos arrive généralement dans les 48 heures. Ce document devient votre argument central pour demander un crédit travaux ou une baisse de prix.

Comment Stéphanie a économisé 8 500 $ grâce à son inspection

J’ai réalisé l’inspection pour Stéphanie et son conjoint l’automne dernier. Ils achetaient un duplex dans Villeray. Belle propriété en apparence. Rénovations récentes. Mais derrière les murs fraîchement repeints, j’ai détecté un système électrique non conforme : panneau de 60 ampères avec câblage aluminium non sécurisé. Invisible pour un acheteur ordinaire. Risque réel.

Avec le rapport en main, ils ont négocié : 8 500 $ de réduction sur le prix pour couvrir la mise aux normes électrique. Sans cette inspection ? Ils auraient payé de leur poche.

Mon conseil : Demandez toujours à être présent lors de l’inspection. Vous apprendrez à connaître votre future propriété et vous pourrez poser vos questions en direct.

Les 4 problèmes cachés que je détecte le plus souvent à Montréal

Chaque ville a ses particularités. À Montréal, le parc immobilier ancien, les hivers rigoureux et le sol argileux créent des problèmes récurrents. Dans les inspections que j’ai réalisées ces dernières années, quatre catégories reviennent constamment.

Les 4 problèmes que je détecte le plus souvent

  1. Fondations fissurées ou infiltrées

    Le gel-dégel québécois malmène les solages. Les bâtiments d’avant 1960 sont particulièrement vulnérables. Je vois des fissures actives, des traces d’efflorescence, des marques d’humidité. Parfois, il suffit de sceller. Parfois, c’est plus grave.

  2. Toitures en fin de vie

    Les bardeaux d’asphalte durent environ 20 ans à Montréal. Beaucoup de propriétaires repoussent le remplacement. Je détecte les signes avant-coureurs : bardeaux gondolés, granules dans les gouttières, traces de réparations multiples. Un toit à refaire, c’est 10 000 $ à 20 000 $.

  3. Systèmes électriques désuets

    Câblage aluminium, panneaux de 60 ampères, prises sans mise à la terre. Les duplex et triplex centenaires de Villeray, Rosemont ou le Plateau regorgent de ces installations. Risque d’incendie. Assurance parfois refusée.

  4. Problèmes d’humidité et moisissures

    La thermographie révèle ce que l’œil ne voit pas. Infiltrations derrière les murs, condensation excessive, moisissures cachées dans les combles. Les vieilles fenêtres et l’isolation déficiente aggravent le problème.

Cette liste n’est pas exhaustive — je vérifie aussi la plomberie, la structure, l’isolation et bien d’autres éléments. Mais ces quatre problèmes représentent la majorité des mauvaises surprises à Montréal.

Pour ceux qui préparent une première acquisition, consultez ces conseils pour votre première acquisition immobilière — ils complètent bien ce que je vous explique ici.

Vos questions sur l’inspection préachat au Québec

Voici les questions que mes clients me posent le plus souvent. Réponses franches.

L’inspection préachat est-elle obligatoire au Québec ?

Non. L’inspection n’est pas légalement requise. Mais je la recommande sans hésitation. Sans elle, vous pourriez perdre votre recours si le problème était détectable par un acheteur prudent.

Combien coûte une inspection préachat à Montréal ?

Selon les tarifs 2026 de Soumissions Québec, comptez environ 670 $ plus taxes pour une maison unifamiliale, 825 $ pour un duplex, 875 $ pour un triplex. Le prix varie selon la superficie et l’âge du bâtiment. C’est un investissement modeste comparé aux risques.

Combien de temps ai-je pour agir si je découvre un vice caché ?

Vous disposez de 3 ans à compter de la découverte du vice pour intenter une poursuite, selon les délais de la jurisprudence québécoise. Attention : vous devez d’abord dénoncer le problème au vendeur rapidement, idéalement dans les quelques semaines suivant la découverte.

L’inspecteur peut-il tout voir ?

Non. L’inspection est visuelle et non destructive. Je ne peux pas ouvrir les murs ou creuser autour des fondations. Mais avec l’expérience, je repère les indices : traces d’humidité anciennes, réparations suspectes, comportement des matériaux. La thermographie aide à voir l’invisible. Soyez réaliste : aucune inspection n’est parfaite, mais elle réduit considérablement les risques.

Que faire si l’inspection révèle des problèmes majeurs ?

Trois options s’offrent à vous : négocier une réduction de prix équivalente aux travaux nécessaires, demander au vendeur de faire les réparations avant la vente, ou vous retirer de la transaction si votre offre contenait une condition d’inspection. Le rapport chiffré vous donne la base pour discuter.

Si vous achetez un condo plutôt qu’une maison, les enjeux sont légèrement différents. Consultez les points essentiels pour votre achat en copropriété pour compléter votre préparation.

Limites de ce guide et recommandations

  • Ce guide ne remplace pas une consultation juridique personnalisée sur votre situation
  • Les coûts et délais mentionnés sont des moyennes observées au Québec et peuvent varier selon le type de propriété et la région
  • Chaque transaction immobilière comporte des spécificités qui nécessitent l’avis d’un professionnel qualifié

Pour toute décision engageante, consultez un notaire, avocat en droit immobilier ou inspecteur certifié RBQ.

La prochaine étape pour vous : Si vous avez une offre d’achat en cours ou prévoyez visiter des propriétés bientôt, planifiez dès maintenant comment vous intégrerez l’inspection dans votre démarche. La pression du marché pousse parfois à aller vite. Ne sacrifiez pas votre tranquillité d’esprit pour quelques jours de délai. Un inspecteur certifié peut généralement se déplacer dans les 48 à 72 heures.

Rédigé par Marc Pelletier, inspecteur en bâtiment certifié exerçant dans la région de Montréal depuis plus de 15 ans. Il a réalisé des centaines d'inspections préachat résidentielles et commerciales, accompagnant des acheteurs de tous profils dans leurs démarches d'acquisition. Son expertise porte sur la détection des vices cachés, l'évaluation structurale et l'utilisation de technologies avancées comme la thermographie. Il intervient régulièrement pour conseiller les primo-accédants sur les pièges à éviter lors d'un achat immobilier.